Tout savoir sur le recyclage mécanique des plastiques

Cet article en bref
- Les établissements professionnels génèrent des volumes majeurs de déchets non dangereux : près de 15 millions de tonnes pour l’industrie manufacturière (établissements de 10 salariés ou plus) et plus de 11 millions de tonnes pour le tertiaire (établissements de 20 salariés ou plus) en 2022. (Données Insee parues en janvier 2025)
- La filière française de collecte de plastiques (tous gisements confondus) a collecté 1 024 000 tonnes en 2024 et en a revalorisé autant. (Données 2024 de la FEDERREC)
- Cette revalorisation passe notamment par le recyclage mécanique des plastiques qui consiste à broyer des plastiques utilisés puis à les régénérer pour leur offrir une seconde vie, dans une logique de boucle de réemploi.
Qu’est-ce que le recyclage mécanique des plastiques ?
Le recyclage mécanique est un procédé de valorisation matière : on récupère des déchets plastiques, on les prépare (tri, broyage, lavage) puis on les régénère en une matière première secondaire. Lors de cette phase de recyclage, les polymères ne sont pas chimiquement décomposés mais simplement refondus et remis en forme. À noter que les étapes de broyage et de transformation peuvent réduire la longueur des chaînes polymères et, de ce fait, altérer les propriétés mécaniques.
Pour les professionnels, l’enjeu est ainsi double en permettant de sécuriser des flux qui étaient auparavant pleinement perdus (rebuts de production, chutes, retours, déchets d’emballages…) ainsi que de s’inscrire dans une démarche plus vertueuse en employant des ressources recyclées et recyclables.
Les 5 étapes clés du procédé de recyclage mécanique
1) Collecter et sécuriser le flux
Pour les professionnels et les industriels, la performance du recyclage mécanique des plastiques démarre dès la collecte. Il faut alors s’assurer de limiter les matières indésirables et de veiller à la traçabilité (origine, usages, additifs, présence de contact alimentaire potentiel…). C’est aussi là que se joue la qualité future du recyclat.
2) Trier en séparant à l’optique et par flottaison
Le tri industriel des plastiques s’effectue en deux étapes. Une première phase a lieu dans les centres de tri, où les déchets sont tout d’abord séparés en fonction de leur forme et leur taille. Les produits de très petites tailles sont bien moins captés. Puis ils sont triés en grandes catégories de matières grâce à des détecteurs de métaux et à des trieurs optiques. Pour le plastique, une seconde phase de surtri par flottaison est réalisée chez les recycleurs , afin de vérifier l’isolation des différents polymères (PP, PE, PET, PS…).
Les erreurs se paient cher, car une fraction de polymère intrus dans un processus peut dégrader les propriétés et fermer des débouchés.
3) Broyer pour mettre la matière au bon format
Le recyclage mécanique des plastiques prend tout son sens à cette étape. On transforme alors les pièces, films ou produits en paillettes de quelques millimètres. Le broyage facilite l’étape suivante de lavage et stabilise le processus en extrusion.
4) Laver et purifier
Colles, encres, poussières… Toutes ces matières en contact avec les plastiques peuvent dégrader ces derniers. Un lavage adapté, à l’aise de détergents, permet retirer les résidus de matières ainsi que de garantir la constance des paillettes et leur capacité à viser des applications techniques.
5) Régénérer
Enfin, la matière est filtrée, fondue, puis granulée. C’est là que se joue la répétabilité en veillant à la filtration, au dégazage, à la stabilisation ainsi que l’éventuel compoundage. Ce dernier permet d’incorporer des stabilisants et différents additifs afin de maintenir ou d’améliorer les performances mécaniques et la durabilité de la matière recyclée. L’ensemble de ce flux permet la revalorisation de déchets plastiques en de nouveaux polymères utilisables par les industriels.
Quels types de plastiques sont recyclables mécaniquement ?
Le recyclage mécanique concerne surtout les thermoplastiques, car ils peuvent être refondus et remis en forme. Dans les flux professionnels, on retrouve ainsi fréquemment :
- PSE (polystyrène expansé) : calages, protections d’emballage, caisses isothermes…
- PP et PE (rigides et films) : logistique, contenants, caisses, chutes d’extrusion…
- PET : certains emballages, mais aussi des applications industrielles selon les filières.
- PS : usages spécifiques, avec des contraintes plus marquées de qualité et de débouchés.
Chez Knauf Industries, dans le cadre de la réutilisation de nos chutes de production et au travers de notre service Knauf Circular, nous employons des broyeurs compacteurs pour le PSE ainsi que le PP et disposons également d’un compacteur pour le PET.
Mais au-delà de la matière pure, la recyclabilité mécanique dépend surtout de la pureté du flux et de la simplicité de la pièce. Ainsi, une pièce mono-matière avec une absence de multicouches sera inévitablement plus simple à recycler qu’un produit fabriqué avec des accumulations de différents polymères.
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Le recyclage mécanique : un procédé bon pour la planète…
Comme vous vous en doutez, le recyclage mécanique induit un bénéfice environnemental clair : celui de la réduction de l’énergie nécessaire à la production de matière. Produire une résine vierge implique l’extraction de ressources fossiles (pétrole ou gaz), leur transport, puis des procédés de polymérisation énergivores. À l’inverse, le recyclage mécanique s’appuie sur une matière déjà existante et mobilise principalement des opérations de tri, de lavage et d’extrusion.
Ainsi, substituer une tonne de résine vierge par une tonne de matière recyclée permet d’éviter l’extraction de ressources fossiles et de limiter les consommations énergétiques associées à la pétrochimie (et, par extension, les Émissions de Gaz à Effet de Serre).
Au-delà de la question énergétique, le recyclage mécanique est un outil central de l’économie circulaire. Il permet de transformer un déchet en ressource et d’organiser des boucles matière.
Le principe de boucle fermée consiste à réintégrer la matière recyclée dans la même application ou dans une application équivalente. C’est le cas, par exemple, des emballages en polyoléfines (PP, PE) ou des bouteilles en PET qui peuvent être régénérés puis réutilisés pour fabriquer de nouveaux emballages ou contenants techniques.
… Mais qui a ses limites
Le recyclage mécanique des plastiques est une opportunité concrète de limitation de l’empreinte carbone, mais il reste conditionné par une réalité physique : la matière recyclée dépend entièrement de la qualité du gisement d’origine.
Contrairement à une résine vierge dont les caractéristiques sont parfaitement maîtrisées en sortie de polymérisation, un recyclat est issu d’un flux qui a déjà vécu et qui a donc été transformé, manipulé, parfois exposé à la chaleur, aux UV, aux contraintes mécaniques ou aux contaminants.
La première limite est donc liée au principe même du recyclage : la variabilité. Les mélanges de polymères, la présence d’additifs hétérogènes, les pigments, les colles ou encore les résidus organiques influencent directement la qualité finale du granulé régénéré. Même avec des technologies de tri performantes et des lignes de lavage avancées, l’obtention d’une pureté parfaite reste complexe dès lors que le flux initial n’est pas strictement mono-matériau et homogène.
Il faut aussi composer avec un phénomène inévitable, à savoir la dégradation progressive des chaînes polymères. Chaque cycle de traitement (fusion, extrusion, injection) entraîne une légère diminution des propriétés mécaniques ou de la résistance à l’impact. On parle alors de downcycling : lorsque la matière recyclée trouve des débouchés moins exigeants que son application initiale.
Enfin, les performances du recyclage mécanique des plastiques sont mises à rude épreuve en raison de la conception complexe de certains produits mis sur le marché. Les assemblages multi-matériaux, les emballages multicouches ou les pièces intégrant des inserts métalliques et des éléments collés compliquent fortement la recyclabilité.
La séparation des composants devient coûteuse, voire techniquement irréaliste à grande échelle. Cela signifie que la performance du recyclage dépend en amont des choix d’éco-conception. En ce sens, Knauf Industries privilégie autant que possible les processus d’éco-conception ainsi que la fabrication de pièces plastique mono-matières. Toutefois, afin de maintenir des performances mécaniques conformes aux exigences d’usage, il est souvent indispensable d’utiliser des mélanges de matières vierges et de matières recyclées.
Ainsi, le recyclage mécanique des plastiques est un pilier concret déjà actif permettant de tendre vers une économie plus circulaire. Il offre aux professionnels une solution pour réduire l’empreinte carbone de leurs productions, sécuriser une partie de leurs approvisionnements et répondre aux exigences réglementaires croissantes. Mais ce n’est pas seul le type de recyclage des plastiques, car il existe de nombreuses méthodes pour pallier les particularités de chaque polymère que nous vous présenterons plus en détail dans les prochaines semaines.
FAQ
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Non, le recyclage mécanique s’applique aussi largement aux flux professionnels, qui offrent un gisement plus homogène grâce à un mélange de matières plus limité dès la source.
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Trois leviers peuvent être envisagés : l’usage d’un mono-matériau, la limitation des assemblages et le tri à la source par résine et par limitation des couleurs.
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Avec un processus de conception et de tri adapté, il est tout à fait envisageable d’appliquer le principe du recyclage mécanique aux pièces techniques exigeantes.
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